De ces jeux qu'on s'inventait. De grands sourires vissés sur la gueule. Les yeux pleins d'etincelle. Du chemin qu'on a débroussaillé ensemble, pas à pas. De ce qu'on a toujours gagné sans jamais rien perdre. De ces lettres qu'on assemblait, qu'on se murmurait et qu'on s'appropriait. De cette quête d'accords envoutants, de la transe de nos êtres. De l'innatendu qu'on cultivait, foncant tête baissée dans le mur. De ces bribes de souvenirs plein la tête. De cette chaleur autour de nous, la notre. De cette putain d'ivresse qu'on ateignait, l'une entrainant l'autre. De nos rêves partagés d'une plenitude future. On y croyait, courant après nos rêves pour ne pas les perdre de vue. De nos eclats de rire devant les babioles de notre existence. De ces épais volutes de fumée qui nous enveloppaient, protégaient nos idéaux. De la bulle qu'on s'était créé. Peut être pour se mettre à l'abri. A l'abri du monde ou de nous même. De cette étreinte qu'on cherchait toutes les deux, se bercant d'illusions et d'espoir. De l'extrapolation de nos sentiments pour leur donner un sens. De ces souvenirs qui nous servaient de couverture, distendues par l'écoulement du temps. De nos putains de pulsions. De ce qu'on partageait sans mettre de mots dessus. Pasce qu'il n'y en avait pas et qu'on en voulait pas. De nos trebuchements. Nos chutes qui entrainaient l'autre le nez dans la poussière. De nos coeurs qui tembourinaient dans nos poitrines, soudainement trop à l'étroit. De l'assonance de nos êtres. De ce qu'on s'arrachait la gueule du vide qu'on batissait. De nos têtes qui finissaient par tourner et nos yeux par briller. De ce qu'on écrivait dans le vide. On pietinait le monde sans jamais en venir à bout. Et c'était bon. De la putain d'extase enfermée sous notre peau et qui decoulait de nos pores sur le papier. De ces photos qu'on arrachait à notre univers, pas pour immortaliser le present, seulement pour le faire renaitre dans l'étoile de nos pupilles. Des risques qu'on prenait et des vagues successives d'invicibilité vulnérable qu'on en tirait. Peut être qu'on était trop fragiles pour le monde et qu'on finirait par se briser. Peut être que notre seul échapatoire à la vacuité de leurs vies était notre immaginaire. De ces aventures qu'on s'inventait, le regard perdu, voilé, ouvert sur notre interieur. De tes cheveux bouclés qui bouclaient la boucle qu'on achevait. De ta putain de beauté interieure qui dégoulinait sur tes joues, ton nombril et tes lèvres. De ce que je t'admirais. De ce que j'aimais cette absence de temps à tes côtés. De ce que j'ai appris dans ton sillage. De toutes ces choses que l'on a decouverte ensemble et qui ne nous quitterons plus. De cette amitié qui n'en était pas une. C'était plus. Plus tout. transcendant, emerveillant, euphorisant, extasant, apocalyptique.